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mardi 26 juin 2007

Point de vue créationniste

Bonjour à vous,

ma discussion avec monsieur Georgel se continue. Voici donc sa réponse à mes nombreuses questions posées dans mon billet précédant. Je ne répond pas tout de suite parce qu'il faut que je décante tout ceci...mais je le ferai dans un prochain billet. Je tiens à remercier monsieur Georgel pour sa généreuse contribution. N'hésitez surtout pas à commenter si le coeur vous en dit.

Alors sans plus tarder....
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Cher Monsieur,

Bien que court, votre courrier aborde en vrac tellement de points qu’il n’est pas possible d’y répondre en une seule fois. Il me semble que, pour commencer, il serait bon d’éclaircir quelques-unes de vos idées au sujet de Dieu et des convictions qui sont à la base des créationnistes.

La conviction essentielle qui anime les scientifiques créationnistes (j’insiste bien sur cette appellation qu’on leur dénigre) n’est pas d’abord celle qui touche à l’âge de la terre ou au fait qu’il leur paraît impossible que l’homme procède de l’animal. Elle est dans le fait que, par le simple bon sens et l’observation, il leur apparaît d’une évidence notoire que ce que nous avons sous nos yeux, l’univers, notre propre vie, ne procède pas du hasard, mais d’une volonté outillée d’une intelligence prodigieuse. Les créationnistes optent pour le postulat que l’organisé ne peut procéder de l’anarchique et du hasardeux, mais émane au contraire d’un projet pensé et réfléchi. Ils sont donc croyants dans le sens qu’il souscrivent à l’idée que l’Histoire (avec un grand H), qui inclut, bien entendu, le fait de l’homme, ne suit pas les sauts hasardeux d’une évolution, mais est toute entière née de la pensée d’un Créateur. Disons-le tout de suite : cette certitude qui les anime est incompatible avec la pensée évolutionniste. Car si l’une (l’évolutionnisme) atteste que le supérieur (l’homme) procède de l’inférieur (l’animal), l’autre affirme que chaque chose a été créée selon son espèce, mais que toutes portent la marque de fabrique de Celui qui les a faite.

Le postulat de base des créationnistes, en accord avec la Bible, affirme que le bon sens et l’observation suffisent (devraient suffire) pour amener l’homme doué d’intelligence et de logique à cette conclusion. Il faut faire remarquer ici que la Bible démarre dès la genèse sur ce postulat. Elle affirme ainsi l’existence de Dieu comme un fait qui relève de l’évidence, et non quelque chose à prouver. Ce paramètre de départ implanté dans le cœur et l’esprit du créationniste fait qu’il voit le monde d’une toute autre manière que l’évolutionniste qui, lui, a opté pour l’inexistence de Dieu (ou d’un Créateur). Le créationniste ne s’étonne pas par ailleurs de l’adhésion massive de la communauté scientifique (adhésion qui chancelle de plus en plus au regard des découvertes prodigieuses de la génétique par exemple, qui plaide si fortement en faveur d’une création écrite, donc d’un Concepteur) pour l’évolutionnisme. Il n’est pas difficile de remarquer historiquement le lien évident entre l’humanisme athée de l’époque de Darwin et l’engouement pour ses thèses si providentielles.

A partir de ce paramètre, les constatations faites par les créationnistes diffèrent complètement, dans leurs conclusions, de celles des évolutionnistes, dont la réflexion est paramétrée à-priori dans le sens inverse. Il est notoire par ailleurs que les évolutionnistes ont volontairement mis de côté les indices les plus probants mettant en cause le bel échafaudage de leurs théories. Remettre en cause le principe de l’évolution, postulat qui est à la base des idéologies humanistes et matérialistes qui fondent notre société (et surtout la France) est purement inconcevable. La pensée unique à laquelle on nous impose poliment d’adhérer (le « poliment » ne durera peut-être pas toujours) doit être normative. D’où la déclaration incroyable émise par le rapport sur le créationnisme au Parlement européen selon laquelle cette « théorie » serait un danger pour les droits de l’homme ! On croit rêver ! Heureusement, d’autres sociétés sont plus libres à ce sujet. Elles conçoivent la possibilité d’avoir des visions du monde qui ne soient pas uniquement matérialiste, ouvrant la voie à l’expression des convictions créationnistes.

Les créationnistes concèdent cependant aux évolutionnistes un point avec lequel ils sont en accord. C’est que, loin de favoriser l’adhésion à l’idée de l’existence de Dieu, les systèmes religieux, catholicisme en tête, ont participé massivement au dégoût de Dieu. C’est, rappelons-le, la Réforme qui a brisé la tutelle intellectuelle de la papauté sur l’Europe et ouvert le monde, d’une certaine manière, à la possibilité de la recherche scientifique libre. Profitant de l’aubaine, certains ont cru bon de « jeter le bébé avec l’eau du bain » : Dieu et la religion. Mais le matérialisme a-t-il fait ses preuves, comme réalité à laquelle nous devons adhérer comme raison de vivre. Il n’a pas pu étouffer la soif spirituelle qui nous habite, qui nous oblige constamment à nous reposer la question du sens : un point qui ajoute à la cohérence créationniste.

En accord avec l’idée selon laquelle le visible procède de l’invisible, nous croyons et nous vivons le fait que la partie la plus importante de notre être n’est pas dissécable. Notre vraie personne, nos pensées, nos sentiments témoignent du fait que la sphère principale d’existence de l’être n’est pas physique. Les systèmes athées qui ont voulu supprimer la foi en ont tous fait l’expérience : tel un boomerang, celle-ci leur est revenue en pleine face avec une force décuplée. On peut nier la réalité aussi longtemps qu’on veut : elle finit toujours par triompher.

En conclusion, je veux souligner que tout débat entre évolutionnistes et créationnistes demeurera stérile tant que l’on n’a pas pris en compte le fait que les deux partis fonctionnent selon des paradigmes totalement différents. J’ai été athée et l’évolutionnisme m’arrangeait bien. Je crois aujourd’hui en Dieu et en Jésus-Christ, non au travers d’un système religieux, mais d’une foi personnelle. Je fais l’expérience quotidienne de la présence de Dieu, de Son soutien dans ma vie. Une réalité que je ne peux démontrer, mais qui est, dans mon vécu, plus sûre et certaine que tout ce que je vois et qui passera. Je le redis : je plains ceux qui n’ont d’horizon dans leurs vies que ce qu’ils peuvent voir et comprendre avec la seule lumière de leur raison.

Bien amicalement.